CCEA 2017 : Des défis et des recommandations en perspectives pour 2018

Le Comité communal de l’Eau et l’Assainissement (CCEA) s’est réuni vendredi 29 Décembre 2017 sous le thème « Niveau d’accès à l’eau potable dans la Commune de Bangangté.» Réuni autour de Madame Célestine Ketcha Epse Courtès et les différents comités des Usagers de l’Eau installés dans l’Arrondissement de Bangangté, la rencontre avait pour objectif l’évaluation du chemin parcouru au cours de l’exercice qui s’achève.

La salle des Actes de la Mairie a servi de cadre pour cette concertation entre les différents acteurs intervenant dans cette chaîne. Placé sous la présidence de Madame le Maire, et sous le parrainage de Monsieur le Préfet du Ndé représenté en l’occasion par son deuxième adjoint, cette grande concertation annuelle regroupant entre autres les chefs de villages, les chefs de quartiers, du Sous-préfet de Bangangté, les exploitants, et la régie communale de l’eau s’est déroulée en présence d’une délégation tchadienne composée de trois personnes conduites par Monsieur Abdelkarim Mahamat Abakar, Maire de la Commune de Oumadjer. L’exécution de l’hymne national a ouvert le début des travaux. C’est Madame le Maire qui avant la lecture de son discours a demandé d’observer une minute de silence en la mémoire de Monsieur Tchamba membre du comité des usagers de l’eau de Bangoulap décédé tout récemment. Elle a salué la présence de la délégation tchadienne envoyée par l’Union Européenne. Elle a aussi salué et magnifié la présence effective des autorités administratives depuis la création du Comité. Elle est brièvement revenue sur la genèse du projet Modeab initié à la suite de 25 unités de planification pour élaborer les problèmes de la Commune. 23 des 25 portaient sur la problématique de l’eau dans la Commune et la Fondation Veolia étant déjà présente à Bangoua, en fera de ce problème son cheval de bataille avec l’entrée en lice d’autres partenaires tels que l’AIMF, la SIAAP, l’Agence Eau Seine-Normandie. C’est vers ces spécialistes des questions d’eau et assainissement qu’elle va se tourner pour chercher des solutions aux problèmes cruciaux des populations. Malgré la résurgence du problème dans certaines localités dû à plusieurs facteurs, elle a réaffirmé l’engagement de la Commune qui doit s’appuyer sur les acquis de la coopération internationale, puis sa détermination à respecter les priorités telles qu’elles figurent dans le Plan Communal de développement. Invité à se prononcer, Monsieur Abdel kerim Mahamat Abakar, Maire et chef de la délégation tchadienne a présenté sa Commune qui a en son sein 17 conseillers dont 4 femmes sont présentes. Avant d’entamer ce voyage d’études à Bangangté, ils ont connu la Commune de Bangangté à travers les chaînes de télévision, l’Union Européenne, l’Aimf, ils ont connu le Maire de Bangangté sur la scène nationale et internationale. C’est grâce aux volontés conjuguées de l’Union européenne et de l’Aimf que la Commune de Oumadjer est présente à Bangangté pour apprendre beaucoup sur l’eau et l’assainissement. Une intervention fortement applaudie.

C’est Pierre Marie Wanang, responsable de la Régie communale de l’eau qui va dans son intervention entrer dans le vif du sujet en exposant les actions réalisées contenues dans les recommandations de 2016, et celles qui n’ont pas été faites. Sur les 14 recommandations de 2016, il ressort que les objectifs ont été atteints à 71% en 2017. 300 nouveaux branchements sont signalés, 02 nouveaux centres sont créés à Babou et à Bantoum III, 73.849 m3 d’eau potable ont été servies aux populations un chiffre en progression, le rendement du réseau est de 80%, les dépenses se situent dans les 15 millions Fcfa, le réseau couvre 28 bornes fontaines publiques, le réseau a servi 55.000 habitants en 2017. Il relève avec regret que les branchements privés ne payent pas toujours leur facture. Il n’y a pas eu d’interruption d’eau permanente comme jadis les années antérieures. En réaction à cette intervention de Pierre Marie Wanang, Madame le Maire dira qu’à la suite de l’appel du Président de la République aux camerounais vivant en étranger, elle a écrit aux enfants du Ndé à Paris quand Sanki avait vu sa pompe à énergie solaire tombée en panne, ils ont réussi à trouver une nouvelle pompe qu’on ne trouvait pas dans notre pays. Le Ministre de l’Eau et l’Energie avait réduit les frais de douane à 50% et aujourd’hui les populations se servent de l’eau potable. Elle est revenue sur la question de la distribution de l’eau en milieu urbain, en expliquant pourquoi seulement 3 fontaines sur 20 sont fonctionnelles. La caution de 108.000 Fcfa exigée n’est pas déposée par certains quartiers. Elle finit en annonçant l’arrivée de 10 camions bennes, 02 tracteurs attendus pour le centre de dépotage et de traitement de boue de Noumgha et la collecte des ordures ménagères.

Après ces interventions, c’était au tour de certains acteurs de la chaîne de prendre la parole. Certains intervenants ont dénoncé ces jardiniers installés en amont du captage et les puits qu’ils creusent, avec les produits chimiques qu’ils utilisent pour fertiliser leurs maraîchers, ils polluent l’eau et la rendent insalubres. Il y a aussi trop de vol du matériel, a-t-on appris. A Bahouoc, l’eau ne coule plus depuis six mois. Le Comité de développement de ce groupe souhaite que la Mairie leur donne la possibilité de gérer techniquement leur réseau. Le président du Comité des Usage de ce village exhorte les services techniques de la Mairie à remédier à cette situation. A Bamena, un deuxième forage doit être crée pour soutenir le premier et unique qui n’arrive plus à satisfaire tout le village. Le problème de délestage est aussi évoqué. Le raccordement entre Bamena et Batchingou est bloqué en raison de l’ouvrage endommagé qui traverse le cours d’eau Chouplan. Le Président du Comité de Batchingou pose le problème de la transhumance des bœufs au niveau du captage qui souillent l’eau traitée. A Bangang-fokam, l’eau ne coule toujours pas en raison du fait que le réseau scan water que la Mairie a bien voulu réhabiliter se trouve à Batoufam dans une autre Commune proche de Bangang-fokam. Il y a eu plusieurs cas et autant de doléances exprimées dans ce volet qu’est l’eau et l’assainissement. Tous ces problèmes posés sont tombés dans des oreilles audibles. Madame le Maire a proposé pour chaque cas des solutions et des instructions à l’endroit de la régie communale de l’eau. Par ailleurs, elle prévoit une assise tripartite entre la régie, les CUE et elle-même au cours de l’année 2018. Pour ce qui convient d’appeler « la situation de Bahouoc », Madame le Maire dans sa réaction a mis les points sur les i. Pour elle, le malaise ne devrait pas exister à Bahouoc, pas là-bas. Une situation qui l’a rendue triste et inquiète. Elle a rappelé à tous que ses premières actions pour doter Bahouoc de l’eau potable c’était en 2007 après son élection à Noumtchouet et que jusqu’à une date c’est la Mairie qui a supporté la facture de Bahouoc.

Au terme de cette réunion d’auto-évaluation, 2018 s’annonce comme année des défis et perspectives dans le volet eau et assainissement, on présume déjà qu’il y aura beaucoup à faire pour rendre plus aisée la vie des populations car leur santé en dépend de la qualité d’eau consommée. La Régie communale aura du pain sur la planche. Avec l’engagement pris par le Maire devant cette foule de personnes et sa détermination, l’eau coulera à flots dans ces localités où des poches de résistance persistent. Ce sera avec le soutien de l’autorité administrative, et même de la plus haute autorité du pays que les problèmes d’eau connaîtront une fin dans la Commune de Bangangté. Le niveau d’accès à l’eau potable a progressé et la Commune voudrait atteindre les 90% au minimum pour garantir l’accès à tous. Le défis est immense, la passion de servir l’est encore un peu plus.

 

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Commune de Bangangté

Commune de Bangangté située dans la Région de l'Ouest, Département du Ndé, Arrondissement de Bangangté. La commune compte plus de 200000 âmes installées et 07 Chefferies Supérieures.

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