Histoire de la Commune de Bangangté

Le nom Bangangté, qui désigne la Commune toute entière proviendrait d’une mauvaise prononciation par un colon allemand de l’expression originelle « Pah ha nteu », traduit de manière littérale en français par : ‘’ les refusant l’assujettissement ‘’, ce qui signifie en d’autres termes «Ceux qui refusent la domination des autres». Depuis cette période, cette expression caractérisant ce peuple va rester dans sa prononciation actuelle.

Le peuplement de la région de l’Ouest en général est très ancien à la suite des grands mouvements migratoires des grassfield et conquêtes qui se sont déroulés dans cette zone au début du moyen âge. Ces peuples anciens de l’Ouest étaient regroupés dans des royaumes structurés ayant à leur tête un chef. L’histoire du village Bangangté, autour duquel s’est développée la Commune est ancienne. Elle commence vers le XVIIème siècle, notamment vers 1660, lorsque deux princes Banka Ngameni et Kameni, arrivent dans la région de Bangangté actuelle et s’installent. C’est ainsi que le noyau central de la commune de Bangangté aurait été fondé. Vers le XVIIIe siècle, le territoire va connaitre une expansion avec la création de plusieurs villages notamment Madoum, Batela, Lafeng, Bapoumpa, Mandja, Batoum, Bametcha, Famveu. Le groupement Batchingou va quant à lui se développer vers 1900 sous la houlette du chef Tchanang (1er de la dynastie à prendre le pouvoir dans le groupement).
Vers la fin du XIXe siècle, plusieurs guerres tribales vont marquer l’histoire de cette partie : c’est ainsi que  diverses guerres de conquêtes territoriales ont ruiné le village Bonkeu et occasionné son déplacement successif ; les populations de Babou sorties au bord du Noun suite à la guerre avec les Bamouns ; la migration des Bandiangseu vers la plaine du Noun suite à une guerre avec les Bangoua ; les rivalités du village Bagnou contre les Ndepnou (Bangoua), Bazou et Bamena ; vers 1880 la guerre tribale entre peuple Bantoum et peuple Bangangté ; guerre de conquête du chef de Feutap (Feu-Ngava) contre les autres chefs voisins de suite à son comportement publique ; vers 1875 Guerre des tranchées entre les Bangwa et les Bamena. Certains villages se sont créés à la fin du 19e siècle : Maham, Nounfam, Louh. Langweu, Babou, Bagnou…

La pénétration coloniale dans la zone de l’Ouest va créer une période trouble dans cette partie. En effet les populations de l’espace qui forme la Commune de Bangangté vont subir de lourdes exactions avec l’arrivée des colonisateurs allemands à cause de la résistance qu’elles opposèrent à cette incursion (déportations des hommes pour les travaux forcés, massacre des résistants, destruction des villages et biens). Au cours de cette période certains villages comme Bitchoua, Madoum, Babou, Sanki, Bametcha, Bapoumpa se sont vidés de ses populations. Des chefs de village furent emprisonnés : le chef de Babou Yowa Philippe, le chef Bandiangseu … Le Chef de Bangang Fokam TOUKAM (grand guerrier et martyr de sa localité) opposa une résistance farouche à l’arrivée des allemands et fit une résistance à l’invasion des Bamouns et des Bandjoun.

La fin de cette période trouble vers 1915 est marquée par l’agrandissement et le développement de Bangangté avec l’annexion de Batchingou, Bangweu, Poozou, Noumko,  Noumtchouet, Ndoukong, Sanki (localités retenues par les colons pour isoler les malades de la lèpre).

L’histoire contemporaine a été également marquée par la pénétration du christianisme vers les années 1920 avec l’arrivée des premiers missionnaires protestants de l’église évangélique du Cameroun (EEC), puis des missionnaires catholiques. Cette arrivée des missionnaires sera marquée par la création des écoles dans les villages.

Dans cette dynamique, la Commune de Bangangté a été administrativement créée par Arrêté N° 807 du 29 Novembre 1954 sous la dénomination de la Commune mixte rurale de Bangangté.

La période 1955 à 1965 sera fortement marquée par le maquis qui a touché plusieurs villages de la subdivision (Tousseu, Ndoukong, Bametcha, Noumtchouet, Bitchoua, Madoum…). A cause de nombreuses exactions et tuerie orchestrée par les maquisards les habitants ont désertées certains villages pour se refugier dans les grands centres. C’est après l’indépendance du pays que la situation s’est stabilisée et les populations qui étaient parties du village sont rentrées. Un village comme Bitchoua s’est peuplé à près la fin du maquis grâce à un certain Mbeukouame qui va inviter les gens à venir s’installer car le sol y est très fertile et non occupé.

Vers les années 1980, la Commune va s’agrandir avec la création de deux nouveaux villages que sont Projet I (Nkong Gam) en 1980 et Projet II en 1989. En effet, la communauté du «Projet» ou Bangangté rural II tire son origine du projet de la « route du Noun » entrepris en 1975 par l’État Camerounais. Ce projet avait pour objectif global de lutter contre l’exode rural dans le Département du Ndé et surtout favoriser l’implication des jeunes dans le domaine agricole. En 1980, les premières opérations du projet débutèrent avec l’installation de 40 pionniers par an et la construction des logements. En 1989 commença l’installation des pionniers du Projet II. Les jeunes du département du Ndé furent les plus grands bénéficiaires de ce projet.
Le début des travaux de la nationale n°4 Yaoundé – Bafoussam vers les années 1983 va accélérer le désenclavement, développement et la modernisation de la Commune. Cette époque va connaitre l’extension du réseau électrique de l’ancienne Société Nationale d’Électricité du Cameroun (SONEL) aujourd’hui ENEO, l’installation du réseau de l’ex Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC), CDE aujourd’hui dans la ville, la multiplication des réseaux d’adduction d’eau Scanwater dans les villages, la multiplication des centres de santé et des postes agricoles.
La Commune mixte rurale de Bangangté va par la suite se réduire à l’arrondissement de Bangangté à partir de la loi n° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972 et créant les Communes d’arrondissement.
L’année 2013, va voir l’un des illustres fils de la Commune et ancien Maire, Monsieur NIAT NJIFENJI Marcel porté à la tête du tout premier Senat au Cameroun.
Sur le plan institutionnel, Bangangté est le chef-lieu du Département du Ndé dans la Région de l’Ouest. La Subdivision de Bangangté a été créée en 1930 par l’Arrêté du Haut Commissaire de la France d’Outre-mer. Après l’indépendance, la Subdivision devint Département du Ndé par le Décret N° 61 du 3 février 1961. La Commune de Bangangté verra le jour comme unité administrative à la faveur de l’Arrêté N° 807 du 29 Novembre 1954. Elle s’étendait à l’époque sur le territoire de la Subdivision de Bangangté, couvrant le Département du Ndé actuel.

Depuis sa création, la Commune de Bangangté a connu le passage de dix (10) Maires parmi lesquels Monsieur NIAT NJIFENJI (actuel Président du Sénat). A ce jour, la Commune est administrée par Madame KETCHA Célestine épouse COURTES, élue en 2007 et réélue en 2013. Sous l’impulsion de cette 1ère Femme Maire titulaire à Bangangté et grâce à son dynamisme, la Commune de Bangangté va connaître un rayonnement national et international sans pareil. La Commune de Bangangté gagnera le tout 1er Prix FEICOM des meilleures pratiques communales de Développement Local, le 16 février 2012 ainsi que le 2ème Prix ONU d’Excellence du Service Public dans le Secteur de l’Eau et de l’Assainissement, remis à Seoul en Corée du Sud, le 26 juin 2014.